Séminaire Mémoire(s) au miroir n°19 : Matei Visniec

16 avril 2026
17h30 19h

Pour le dix-neuvième séminaire Mémoire(s) au miroir le CHER accueille le dramaturge Matei VISNIEC  le 16 avril, de 17h30 à 19h00, dans la salle Fustel de Coulanges du Palais Universitaire, avec le soutien de l’Institut de la Langue roumaine et du Consulat de Roumanie à Strasbourg.  

 

Théâtre et mémoire (conférence-lecture)

 

« En tant qu’écrivain et journaliste, je me suis souvent posé les questions suivantes : pourquoi l’humanité répète-t-elle souvent les erreurs du passé ? L’humanité souffre-t-elle d’une maladie de la mémoire ? Est-ce que la littérature a le pouvoir de ‘consolider’, d’une certaine manière, la mémoire collective ? Je n’ai pas observé, de manière directe, un impacte décisif de la littérature sur l’intelligence collective de l’humanité ; autrement nous ne serions pas confrontés, en ce moment même, à tant de crises et de guerres. En même temps, le théâtre et la littérature en général, mettent en lumière des problèmes et des dilemmes qu’aucune autre discipline ni aucun autre domaine de création n’aborde. Le théâtre, en particulier, sait creuser dans les profondeurs de l’esprit humain, dans ses contradictions, ce qui laisse encore une lueur d’espoir … »

 

Matei Vișniec (n. 1956) a étudié la philosophie à l’Université de Bucarest, où il s’est formé au contact des milieux littéraires de la génération des années 1980. Interdit de publication en Roumanie communiste, Matei Vișniec obtient l’asile politique en France, et s’installe, dès 1987, à Paris où il travaille comme journaliste à la Radio France internationale.

Son œuvre dramaturgique, écrite en roumain et en français, s’inscrit, dans un premier temps, dans l’esthétique du théâtre de l’absurde, pour prendre par la suite des formes et expressions très variées : théâtre réaliste, psychologique, documentaire, fiction historique, en explorant des thèmes tels que l’aliénation, la manipulation idéologique, la condition de l’artiste et le traumatisme historique. Petit boulot pour vieux clown (1995), L’Homme-poubelle (1998), L’Histoire du communisme racontée aux malades mentaux (2000), La Machine Tchekhov (2003) ou De la sensation d’élasticité lorsqu’on marche sur des cadavres (2011) figurent parmi ses pièces les plus jouées sur les scènes européennes et internationales.

Matei Vișniec est par ailleurs l’auteur de recueils de poésie et de romans dans lesquels l’imaginaire poétique et la réflexion sur l’histoire récente s’entrelacent dans une formule originale, confirmant la cohérence d’une œuvre centrée sur la mémoire traumatique et les mécanismes des régimes totalitaires. Son écriture peut être lue dans une perspective post-totalitaire, existentielle et métathéâtrale, configurant une méditation constante sur le rapport entre l’individu, l’histoire et le langage.