Dans le cadre du séminaire de recherche du CHER, nous aurons l’honneur d’accueillir la poète Ana Blandiana, membre de l’Académie roumaine, pour une conférence intitulée « Mémoire – Poésie – Résistance », qui aura lieu le 9 mars, 17h30-19h, dans la salle Ourisson de l’Institut Le Bel.
La conférence sera également accessible à distance via le lien de connexion : https://bbb.unistra.fr/rooms/97r-q68-0cy-qqy/join
L’événement est organisé en partenariat avec l’Institut culturel roumain et le Consulat Général de Roumanie à Strasbourg.
Un événement connexe est organisé par la Maison de la Poésie de Strasbourg, le samedi 7 mars, à 18h, au Lieu d’Europe : Ana Blandiana présentera ses trois recueils de poèmes parus récemment en français chez l’éditeur Jacques André , en dialogue avec la poète Isabelle Baladine Howald et en présence de son traducteur, Jean Poncet.
Présentation de l’invitée
Conscience vive de notre époque, Ana Blandiana est l’auteure d’une œuvre majeure qui s’étend sur plus d’un demi-siècle (trente recueils de poèmes, nombreux volumes de proses, essais et entretiens). Grande résistante au régime communiste, Ana Blandiana est devenue après 1990 l’une des plus actives figures de la société civile roumaine : présidente du PEN club roumain, membre fondatrice de l’Alliance civique et co-fondatrice du Mémorial des Victimes du Communisme, reconnu par le Conseil de l’Europe comme lieu de mémoire du continent.
De prestigieux prix internationaux dont le Prix Gottfried von Herder (Vienne, 1982), le Prix du Poète européen de la Liberté (Gdansk, 2016), le Prix Princesse des Asturies de littérature (Oviedo, 2024) ont récompensé son œuvre traduite déjà en 30 langues. En 2025, la cinquième vente de titres traduits en Italie revenait à son Raccolto d’angeli (Bompiani éd., Rome).
Résumé de la conférence
Cette conférence interrogera le rapport de la poésie à la mémoire individuelle et collective, ainsi que sa capacité à devenir une forme de résistance. Elle prendra la forme d’une troublante méditation sur ce que la liberté pouvait représenter au sein d’une société contrôlée par un régime totalitaire : aspiration profonde, rêve, talent, qui se confondait parfois avec le talent littéraire. C’est le lien indéfectible entre la liberté et la mémoire qui confère tout son sens à l’œuvre poétique d’Ana Blandiana, rappelant que la mémoire et les arts ont partie liée dès l’origine car dans la Grèce antique déjà la déesse Mnémosyne était la mère de toutes les muses.
La conférencière interviendra non seulement en tant que poète mais aussi en tant que co-fondatrice du premier Mémorial des Victimes du Communisme du monde (ouvert à Sighet, en Roumanie, en 2000). Pour elle, la poésie a toujours constitué une (re)source pour résister à la privation de liberté sous la dictature communiste, mais aussi à la « liberté paresseuse » de la société de consommation.
Et parce que l'histoire ne s'arrête pas en 1989, mais qu’elle avance dans une voie qui nous met face à de nouveaux risques et difficultés aggravés par l'indifférence morale, par la perte de la spiritualité, par l'excès de la matérialité, par la mondialisation de la violence et de la haine, cette conférence posera des questions préoccupantes aujourd’hui, tout en affirmant la confiance dans le pouvoir sauveur de la culture et de la poésie.
